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Chronique Santé Ebola en Ituri : des interrogations sur les données épidémiologiques, l’INSP appelé à clarifier

Chronique Santé Ebola en Ituri : des interrogations sur les données épidémiologiques, l’INSP appelé à clarifier

En pleine lutte contre la maladie à virus Ebola en Ituri, la fiabilité et la compréhension des données épidémiologiques sont essentielles.

Les chiffres publiés permettent de suivre l’évolution de l’épidémie, mais aussi d’orienter les décisions sanitaires et d’informer la population.

Une différence d’environ 860 cas entre certains indicateurs épidémiologiques publiés par l’Institut national de santé publique, l’INSP, suscite aujourd’hui des interrogations.

Dans une déclaration à la presse il ya peu, Abdoul Lazo Jérémie, chercheur à l’Université Shalom de Bunia, affirme avoir relevé cet écart en comparant le nombre de cas confirmés annoncé au 29 août, soit 5 945 cas, avec d’autres indicateurs portant notamment sur les patients en isolement, les personnes guéries et les décès.

Le chercheur appelle l’INSP à expliquer l’origine de cette différence et à renforcer la transparence dans la présentation des données épidémiologiques.

Pour lui, une clarification permettrait d’éviter les incompréhensions et surtout de limiter la circulation de rumeurs concernant l’évolution de l’épidémie.

Mais cette démarche appelle également à la prudence.

Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur militaire de l’Ituri, estime qu’avant toute déclaration publique mettant en cause les chiffres officiels, il aurait été préférable d’échanger avec les responsables de l’INSP présents à Bunia.

« Il faut faire attention avec ce genre de déclarations. Avant de passer à la presse, il fallait voir les responsables de l’INSP qui sont ici à Bunia et discuter avec eux », a-t-elle déclaré.

Elle rappelle que la production des données sanitaires repose sur un processus de collecte, de compilation et de vérification à plusieurs niveaux.

Cette controverse rappelle une réalité importante en santé publique : un chiffre épidémiologique doit toujours être accompagné de son indicateur, de sa période et de sa méthode de calcul.

Le nombre de cas confirmés, les patients actuellement pris en charge, les guérisons et les décès ne représentent pas nécessairement la même catégorie statistique et ne peuvent donc pas toujours être additionnés ou comparés directement.

Dans un contexte d’épidémie, une communication claire des données est donc indispensable.
Elle permet aux professionnels de santé de mieux orienter la riposte, mais aussi à la population de comprendre la situation réelle et d’adopter les comportements de prévention appropriés.

La balle est désormais dans le camp des autorités sanitaires.

Une explication technique de l’INSP sur l’écart signalé permettrait de lever les malentendus et de renforcer la confiance du public dans les données utilisées pour suivre l’épidémie d’Ebola en Ituri.

Car en période d’épidémie, la transparence des données est aussi un outil de santé publique : elle informe, rassure et aide à mieux combattre la maladie.

Il sied dire ici que cette chronique a été produite par bunia news en collaboration avec CORACOPI avec l’appuie DDS.

Constant Same Bagalwa.

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