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Irumu : les femmes plaident pour une place dans les instances de décision

Irumu : les femmes plaident pour une place dans les instances de décision

En territoire d’irumu, les femmes plaident pour une participation accrue aux instances de prise de décision, notamment dans les structures communautaires, les mécanismes de paix et de sécurité ainsi que dans la gouvernance locale.

C’etait à l’issue d’un plaidoyer mené ce mercredi à la Division provinciale du Genre, femille et enfant de l’ituri, après des consultations menées dans les groupements et les chefferies, notamment à Andisoma et Basili, dans le territoire d’Irumu.

Organisé par le Réseau Genre Éducation Développement (REGED), dans le cadre d’un projet de renforcement du leadership féminin financé par le FFC, l’objectif est de permettre aux femmes de mieux faire entendre leur voix et de participer aux décisions qui concernent leurs communautés.

« Nous voulons que les femmes soient représentées dans toutes les structures communautaires, qu’elles reconnaissent leur importance dans la prise de décision dans leur communauté et qu’elles participent dans la résolution des conflits communautaires » a dit Dieumerci Bokota le chargé suivi évaluation REGED en ituri.

Cependant, le leadership féminin ne doit pas être limité à une catégorie particulière de femmes.

« Qu’elles soient des cultivatrices, qu’elles soient des marchandes ou des commerçantes, toute femme qui se dit leader doit quand même participer », souligne Dieu merci Bokota.

Selon lui, la présence des femmes dans les espaces de décision est également nécessaire pour que leurs préoccupations spécifiques soient prises en compte.

« Des fois, quand on prend des décisions alors qu’il n’y a pas de femmes, les besoins des femmes sont ignorés. Nous voulons donc que ces femmes soient présentes dans toutes les structures et dans toutes les instances de prise de décision. »

Des séances de formation ont été organisées dans plusieurs zones de santé, notamment à Komanda et Nyankundé, afin de renforcer les capacités des femmes en matière de leadership et de participation communautaire.

Ces formations visent notamment à aider les femmes à prendre davantage la parole et à mieux défendre leurs intérêts dans les espaces de décision.

« Elles ont été renforcées en capacité. Il y a eu des formations et des sessions de formation dans les différentes zones de santé. Elles ont pris conscience de leur importance et maintenant elles se veulent déjà leaders », affirme le représentant de REGED.

Des avancées dans certaines chefferies

Du côté de l’administration provinciale, Jean-Marc Mazio, chef de division provinciale du Genre, Famille et Enfants en Ituri, estime que la démarche s’inscrit dans le cadre du Plan d’action provincial de mise en œuvre de la résolution 1325 des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité.

Il relève déjà quelques avancées dans la représentation des femmes au niveau local.
À Basili, trois femmes occupent des postes sur neuf, contre deux sur neuf à Andisoma, selon les données présentées lors des consultations.

« Il n’est pas seulement question d’une participation en termes de nombre, mais également en termes d’influence, du rôle que la femme joue à tous les niveaux », a expliqué Jean-Marc Mazio.

Les femmes demandent notamment l’organisation de dialogues avec les autorités locales et les leaders communautaires afin d’identifier les moyens de renforcer leur participation dans la gouvernance et les mécanismes locaux de paix et de développement.

Les recommandations issues de ces consultations doivent être portées au Forum provincial des femmes sur la paix, la sécurité et le développement, prévu les 8 et 9 octobre à Bunia.

Des femmes venues des cinq territoires de l’Ituri, notamment des femmes autochtones et des cheffes coutumières, sont attendues à cette rencontre.

Pour Jean-Marc Mazio, ce forum représente une occasion pour les femmes de présenter leurs préoccupations et leurs priorités.

« Les femmes se sont dites qu’il est temps de se mobiliser pour prendre leur destin en main. Nous allons les écouter pour qu’elles nous présentent leurs préoccupations et leurs priorités par rapport à la paix, à la sécurité et au développement. »

Les femmes ayant participé aux activités de REGED, notamment celles de Sota et de Komanda, saluent cette initiative et souhaitent que leur implication dans les espaces de décision se poursuive au-delà du projet.

« Ce qui est important, c’est que les femmes passent maintenant de la formation à une participation effective dans les différentes instances de décision », plaident les participantes.

Constant Same Bagalwa

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