À Bunia, une jeunesse prend la parole : quand le slam et la lecture deviennent des armes pour la paix
Et si les mots pouvaient contribuer à changer les mentalités ? À Bunia, des jeunes font le pari de la lecture, de la poésie et du slam pour renforcer leurs capacités, exprimer leurs émotions et porter des messages d’espoir dans une province longtemps marquée par les violences.
Réunis au sein du Collectif Lettres et Bien-être, ces jeunes veulent créer un espace où la littérature devient un moyen de rencontre, d’expression et de réflexion.
Au chef lieu de l’Ituri, les espaces consacrés à la littérature et aux rencontres entre jeunes restent encore limités.
Face à cette réalité, le collectif entend offrir un cadre permettant aux passionnés de lecture, de poésie et de slam de se retrouver et de partager leurs expériences.
Pour Jordan Dhego, responsable du collectif Lettres et Bien-être, l’objectif est de permettre aux jeunes de développer leurs talents et de mettre leurs capacités au service de la communauté.
« Ce collectif permet aux jeunes de l’Ituri de se retrouver dans un cadre où ils peuvent exprimer leurs pensées, découvrir leurs talents et les mettre au profit de la communauté. » a t il dit.
Le slam pour porter l’espoir
Parmi les membres du collectif, Enock Duki a choisi le slam comme moyen d’expression.
Passionné de lecture, il veut transmettre à sa génération des messages inspirés de ce qu’il apprend au quotidien.
Pour lui, le slam peut être un moyen de porter l’espoir et de contribuer à panser les blessures laissées par les années de crise en Ituri.
Il considère également la lecture comme un outil important pour sensibiliser les jeunes et contribuer à la pacification de la province.
Un espace où les jeunes se retrouvent
Pour Hope Bimpa, membre du collectif, Lettres et Bien-être représente surtout un espace de partage.
Elle y trouve des personnes qui, comme elle, partagent la même passion et avec lesquelles elle peut échanger librement autour de ses idées.
Au-delà de la littérature, ces jeunes veulent faire du collectif un espace de bien-être, de dialogue et de créativité.
À travers leurs textes, leurs poèmes et leurs prestations de slam, ils espèrent toucher d’autres jeunes et leur montrer que les mots peuvent aussi servir à réfléchir, se reconstruire et rapprocher les communautés.
À Bunia, cette jeunesse choisit donc une autre manière de faire entendre sa voix : non pas par la confrontation, mais par les livres, les rimes et la parole.
Constant Same Bagalwa
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