Ebola en ituri: un chercheur interpelle l’INSP sur les données, Jeanne Alasha défend le processus de vérification
Un écart d’environ 860 cas entre différents indicateurs épidémiologiques publiés par l’Institut national de santé publique (INSP) suscite des interrogations alors que la RDC fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola.
Dans une déclaration à la presse ce dimanche, Abdoul Lazo Jérémie, chercheur à l’Université Shalom de Bunia, affirme avoir relevé cette différence en comparant les 5 945 cas confirmés annoncés au 29 août avec les données relatives aux patients en isolement, aux guéris et aux décès.
Le chercheur demande à l’INSP de clarifier l’origine de cet écart et d’améliorer la transparence dans la publication des données épidémiologiques.
Selon lui, une clarification permettrait notamment d’éviter la confusion et la propagation de rumeurs autour de l’évolution de l’épidémie.
Réagissant à cette déclaration, Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur militaire de l’Ituri, appelle à la prudence avant toute remise en question des chiffres officiels.
Elle estime qu’il aurait été préférable que le chercheur échange au préalable avec les responsables de l’INSP présents à Bunia afin de comprendre les méthodes de collecte et de compilation des données.
« Il faut faire attention avec ce genre de déclarations. Avant de passer à la presse, il fallait voir les responsables de l’INSP qui sont ici à Bunia et discuter avec eux », a-t-elle déclaré.
Jeanne Alasha s’interroge également sur la capacité d’un chercheur en master à collecter et vérifier l’ensemble des données provenant des 36 zones de santé de l’Ituri et des 608 aires de santé couvertes par la Division provinciale de la Santé.
« Est-ce que votre chercheur en master a la capacité de récolter les données des 36 zones de santé de l’Ituri, dans les 608 aires de santé, pour contester les chiffres ? Derrière chaque chiffre officiel, il y a des vérifications », soutient-elle.
Cette controverse met en évidence l’importance d’une communication épidémiologique claire, accessible et vérifiable, particulièrement dans un contexte où les chiffres de l’épidémie sont suivis de près par la population et les acteurs de la riposte.
Une clarification de l’INSP sur la différence signalée permettrait ainsi de lever les éventuels malentendus sur les indicateurs utilisés et de renforcer la confiance du public dans les données officielles.
Constant Same Bagalwa
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