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Mambasa : plus de 5 000 enfants privés d’école après les attaques des ADF

Mambasa : plus de 5 000 enfants privés d’école après les attaques des ADF

Dans le territoire de Mambasa, en province de Ituri, l’insécurité persistante continue de fragiliser gravement le système éducatif.
Plus de 5 000 enfants sont aujourd’hui privés d’école à la suite des violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées.

Dans la zone de Muchacha, au centre pédagogique de Badengaido, pas moins de 19 écoles ont été contraintes de fermer leurs portes.

Selon Samuel Kimakima Amsini, chef de la sous-division Mambasa 3, 5 082 élèves se retrouvent actuellement sans accès à l’éducation.

Cette situation compromet sérieusement l’année scolaire en cours et met en péril l’avenir de milliers d’enfants déjà fragilisés par un contexte socio-économique difficile.

Cette crise éducative s’inscrit dans une dégradation continue de la sécurité. Le 16 mars 2026, une attaque des ADF contre le village de Babesua, près de Badengaido, a fait au moins 11 morts, avec plusieurs habitations incendiées. D’autres sources évoquent un bilan encore plus lourd, atteignant jusqu’à 19 civils tués lors d’attaques récentes.

La violence a également provoqué le déplacement massif des populations : plus de 7 000 personnes ont fui vers Bafwasende et Kisangani.

L’attaque du site minier de Muchacha a, par ailleurs, renforcé un climat de peur généralisé, paralysant les activités économiques et scolaires dans plusieurs localités environnantes.

Des écoles fermées, une génération en danger

Dans des zones comme Badengaido, Epulu et Salate, la fermeture des écoles est devenue une conséquence directe de l’insécurité chronique.

Les enseignants ont fui, les infrastructures sont abandonnées, et les enfants se retrouvent exposés à de multiples risques :
décrochage scolaire prolongé
travail forcé ou exploitation
recrutement par des groupes armés
Les organisations locales tirent la sonnette d’alarme sur l’émergence d’une “génération sacrifiée”, si aucune réponse rapide et adaptée n’est apportée.

Des mesures d’urgence encore insuffisantes
Face à l’ampleur de la crise, les autorités éducatives locales annoncent plusieurs actions :
identification des enfants déplacés
redéploiement vers quatre centres pédagogiques encore sécurisés
mise en place d’un encadrement scolaire d’urgence
Cependant, ces initiatives restent limitées au regard du nombre élevé d’enfants affectés et de l’étendue des zones touchées.

Samuel Kimakima Amsini appelle les partenaires éducatifs, les ONG et les autorités nationales à une mobilisation urgente. L’objectif est double :
éviter une année blanche pour plus de 5 000 élèves
garantir la continuité de l’éducation en situation d’urgence
Analyse : une crise multidimensionnelle
La situation à Mambasa illustre une réalité plus large dans l’est de la RDC. L’insécurité ne se limite plus aux pertes humaines : elle détruit également les fondements du développement, notamment l’éducation.

Les déplacements massifs désorganisent durablement le système scolaire, tandis que les zones rurales restent particulièrement exposées.
Malgré les opérations militaires contre les ADF, les attaques persistent et s’étendent, aggravant une crise humanitaire déjà profonde.

Sans une réponse coordonnée et immédiate, c’est toute une génération qui risque d’être durablement privée de son droit fondamental à l’éducation.

Oriane Kathina depuis Mambasa

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